Josh Hartnett : “Je voulais faire des films comme Oh Lucy!, loin des studios”

Rencontre avec Josh Hartnett à l’occasion de la sortie en salles aujourd’hui de “Oh Lucy!”. L’acteur y incarne John, un professeur d’anglais aux méthodes singulières qui va bouleverser la vie d’une Japonaise en quête de renouveau.

Allociné : Comment vous êtes-vous retrouvé sur ce projet ?

Josh Hartnett : Très simplement. L’agent d’Atsuko Hirayanagi, la réalisatrice, et mon agent travaillent ensemble. Mon agent savait que je cherchais des projets inhabituels, portés par des nouveaux réalisateurs, des nouvelles voix. Il s’est dit que Oh Lucy! me plairait, il m’a envoyé le script ainsi que le court métrage dont est tiré le film. J’ai adoré et j’ai demandé à rencontrer Atsuko. On s’est longuement parlé au téléphone et voilà, le film s’est fait.

Votre personnage John n’est pas aussi charmant qu’il le semble au début. Ce n’est pas un héros…

J’aime qu’il soit complexe. Il est différent des autres rôles que j’ai pu faire auparavant. Il ne prend pas d’initiative. Si John avait une philosophie, ce serait celle de se laisser porter par le courant. Il ne prend pas de décision et s’accroche aux autres.

Les prises de vue ont été faites au Japon puis aux États-Unis. Comment avez-vous vécu le tournage à Tokyo ?

J’ai adoré. C’était inhabituel pour moi car je ne parle pas japonais et ne pouvais donc pas communiquer avec l’équipe. Mais j’ai pu me concentrer pleinement sur ce que j’avais à faire en tant qu’acteur et… lire un livre ! Je n’avais rien d’autre à faire (rires). Tout le monde s’occupait de ses affaires. C’était étrange car un plateau de tournage est un lieu très social mais j’ai adoré car les membres de l’équipe étaient très efficaces, le planning était respecté à la minute, tout était prêt quand il le fallait, ce qui n’est pas courant sur un plateau.

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Toute l’équipe à Tokyo était japonaise, à l’exception de la directrice de photographie qui était la même durant tout le tournage et qui était mexicaine. On a pu parler un peu tous les deux mais elle était évidemment très occupée. C’était un tournage très court qui a duré 4 semaines en tout, 2 à Tokyo et 2 aux États-Unis. Je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer. J’ai appris quelques mots, vraiment très peu, en japonais mais je ne vais pas les répéter car ce serait embarrassant pour moi (rires) et je ne voudrais pas manquer de respect à cette culture.

La réalisatrice dit vous avoir choisi car vous avez fait une pause dans votre carrière pour vous consacrer à d’autres choses que la comédie. A l’instar du personnage de Lucy, vous avez décidé de changer de vie.

Je n’ai pas pris ma retraite en disant « maintenant j’arrête ». J’ai commencé à faire d’autres choses, à écrire un scénario que j’ai vendu à Dreamworks, j’ai réalisé des clips musicaux, je me suis intéressé à nouveau aux arts visuels car je voulais être peintre quand j’étais enfant. Je n’ai juste pas trouvé de script qui m’intéressait au point de revenir à Hollywood pendant presque deux ans.

Les gens s’imaginent que j’ai fui Hollywood et c’est en partie vrai car je voulais faire des films comme Oh Lucy!, avec des réalisateurs étrangers, loin des studios, qui s’intéressent plus à l’aspect artistique qu’aux recettes du box-office. J’ai d’une certaine manière abandonné l’archétype du film hollywoodien mais ça ne veut pas dire que j’ai arrêté de travailler.

Vous pouvez nous en dire un peu plus sur le scénario que vous avez écrit ?

Je l’ai écrit de mon côté, avec un partenaire, et nous l’avons vendu à Dreamworks. Ça s’appelle « Wish you were here » mais il n’a pas été produit. Il est resté sur l’étagère un petit moment. (rires)

Ce n’est pas la première fois que vous collaborez avec un réalisateur asiatique…

En effet, j’ai travaillé avec Tran Anh Hung sur Je viens avec la pluie mais il vit à Paris, il est franco-vietnamien et le film était tourné en anglais donc l’expérience était différente.

De même, vous avez déjà travaillé avec des réalisatrices, dont Sofia Coppola.

Oui, j’ai travaillé avec de très bonnes réalisatrices. Je pense que parce que c’est plus difficile pour une femme d’évoluer dans ce système et de faire un film, elles s’impliquent plus dans le processus de réalisation. Les réalisatrices avec lesquelles j’ai travaillé étaient incroyablement passionnées par ce qu’elles faisaient. Leurs films étaient très personnels. J’ai eu beaucoup de chance de travailler avec elles. Mais je pense que le genre importe peu quand il s’agit de réaliser. Qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, les réalisateurs sont des réalisateurs, ils ne font que contrôler un film, ça n’a rien à voir avec le genre.

Vous avez refusé de jouer Batman et Superman, c’était il y a presque 10 ans. Aujourd’hui, il n’y a jamais eu autant de films de super-héros. Quel regard portez-vous désormais sur l’industrie du cinéma ?

On ne peut plus faire de films de studios sans faire un film de super-héros. Presque tout le monde est désormais impliqué dans des films de super-héros… C’est la tendance actuelle à Hollywood et tout le monde monte dans le train. Je ne suis pas contre ces films. A cette époque, ça ne me semblait pas être le bon chemin pour moi. Et il faut resituer le contexte : les films de super-héros pouvaient plomber la carrière d’un acteur. Il y avait la « malédiction de Superman » : les acteurs qui avaient incarné Superman n’avaient jamais réussi à faire autre chose après. Ce n’était pas une évidence et j’étais plus attiré par des films intimistes. L’idée était amusante mais c’était simplement quelque chose que je ne voulais pas faire et je pense que c’était la bonne décision. Je suis heureux des choix que j’ai fait mais ça ne reflète pas ce que je peux penser des films de super-héros car certains sont très bons.

Je pense que parce que c’est plus difficile pour une femme d’évoluer dans ce système et de faire un film, elles s’impliquent plus dans le processus de réalisation.

Et que pensez-vous de Ben Affleck en Batman ?

Ben est super. Évidemment, c’est un réalisateur très talentueux. Il est un bon Batman, il y en a eu tellement… mais je dirais que mon préféré est Michael Keaton car j’ai grandi avec ce Batman et je trouve qu’il a amené de l’humour à Bruce Wayne, qu’il l’a rendu humain.

Vous avez votre propre compagnie de production. Cette initiative est-elle née d’une frustration de votre part quant aux projets que l’on vous proposait ?

Je pense qu’il y a toujours une part de frustration pour n’importe quel acteur. Mais je suis plus âgé maintenant, je suis habitué à connaître des hauts et des bas, tout est cyclique dans ce business. Mais cette compagnie de production, je l’ai lancée il y a un moment avec un groupe d’amis et maintenant j’en lance une autre avec mon partenaire d’écriture pour les deux scénarios que nous avons signés. J’espère mettre en scène l’un des deux l’an prochain. Mais de manière plus générale, lancer sa propre boîte permet de favoriser le passage à la réalisation.

Vous comptez jouer dedans ?

Je ne préfère pas pour ma première réalisation mais si les producteurs le souhaitent afin de financer le film, alors je le ferais mais je pense que ce serait beaucoup trop de boulot.

Découvrez un extrait de Oh Lucy!, en salles depuis le 31 janvier :

Oh Lucy! Extrait vidéo VO

 

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